Né le 16 mai 1980 à Morges, Suisse.
Vit et travaille à Sion.
Domaines d'activité : peinture, vidéo, photo, performance, son.
Bien que Maximilien Urfer ait élaboré un travail pictural tout au long de ses études à l’école cantonale d’art du Valais et à l’école d’art plastique de Caen, il a présenté un court-métrage pour le moins singulier lors du jury de fin de formation post-grade. En effet, en offrant aux jurés une parodie d’émission culturelle télévisuelle dans laquelle il mettait en abyme son propre travail pictural, Maximilien Urfer court-circuitait ainsi le conventionnel exercice de la défense d’un travail d’étudiant. Intitulée "La peinture à vif"(2004), cette bande vidéo propose une interview de l’artiste (ainsi implicitement autoproclamé) et prétend, non sans ironie, dévoiler les mythifiés secrets d’atelier. La figure du peintre qui crée dans la souffrance (motif rappelé de manière métaphorique par des coulures rouges) est montrée dans ses traits les plus caricaturaux. Le ton solennel du commentateur contribue à cet effet, sans que le spectateur sache cependant comment considérer le travail pictural qui a été élaboré durant plusieurs mois. Le statut indéfini de ces toiles, ainsi que la position ambivalente de l’artiste ont décontenancé les jurés par une pirouette réussie.
D’autres déplacements de contextes quotidiens sont mis en oeuvre dans ses bandes vidéo. Dans "Honfleur"(2003), la forme établie du documentaire est à nouveau usurpée pour déconstruire l’image de la carte postale. Se donnant à voir comme un reportage sur une ville normande construite en cinq ans par l’urbaniste Maximilien Urfer, ce film métamorphose, par le biais de commentaires ironiques, des architectures historiques en reconstructions contemporaines d’un style ancien. Si la situation est montée de toutes pièces avec humour, elle suscite néanmoins des questions sur le malaise d’une expérience vécue médiatisée et contrôlée par des effets de séduction artificiels. Les sites créés pour inspirer les peintres du dimanche transforment ainsi une ville en image dans le but de favoriser l’essor économique développé par le tourisme.
Cette transfiguration du réel par l’image se retrouve dans le domaine du sport, avec un autre faux documentaire intitulé "Urfer Style"(2003). L’artiste y incarne cette fois-ci un skieur au style libre et créatif. Un montage dynamique permet cette fois-ci de transformer le commun des mortels en figure héroïque.
Les bandes vidéo les plus récentes sont réalisées de manière plus expérimentale, avec pour seuls moyens un vélo et une caméra DV. L’artiste erre ainsi dans l’espace urbain, se laissant interpeller par des rencontres pour le moins déroutantes.
"Nestou"(2006) représente une figure marginale qui arrête les voitures et les passants pour leur chanter une chanson ou leur transmettre de la bonne humeur. Alors que ce personnage rapporte quelques anecdotes de son vécu, des réactions de téléspectateurs transmises par sms défilent au bas de l’écran. Cette mise en scène transforme une rencontre singulière en spectacle télévisuel démocratisé. Réalisé avec les moyens du bord, ce décalage entre un impact spectaculaire simulé et un contexte ordinaire offre au spectateur une dernière forme de revanche, celle de la distance critique...