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Notes d’intentions sur le film «MOI» - Maximilien Urfer - Juin 2011

Actuellement et depuis 2 ans, je travaille sur mon premier long-métrage, l’occasion pour moi d’expérimenter un procédé d’écriture intuitive m’autorisant un maximum de liberté et un minimum de contraintes.

A contre-courant des procédés de production employés dans le cinéma classique, qui incluent un scénario précis, un story-board conçu plans par plans pour satisfaire aux attentes et exigences des producteurs et des investisseurs, et garantir la solidité et l’efficacité émotionnelle de ce qui va être filmé, ce projet ne compte ni producteur, ni investisseurs, ni véritable acteur, ni scénario pré-établi, ni public-cible.
Néanmoins, il pourra toujours compter sur «Moi».

Moi, c’est c’est à la fois le titre du film, le personnage auto-fictionné de ce documentaire à effets spéciaux, et c’est aussi celui qui, porté par une envie de démontrer qu’on a jamais fait un film avec de l’argent, mais avant tout avec une caméra, s’est lancé tout seul dans la construction d’un film dont la particularité réside dans sa méthode de production.

Ce projet de film fonctionne un peu comme ma propre vie.

Quand je me réveille le matin et sors de mon lit, il m’est impossible de savoir à l’avance si la douche que je vais prendre va me faire du bien ou pas, s’il va pleuvoir dans la journée et si ma femme sera encore ma femme au soir venu.
Quand je me réveille le matin, je dois m’assurer tout d’abord de m’être bien réveillé, d’effectuer les bons mouvements à la sortie du lit et de garantir la fluidité de l’enchaînement entre ma chambre à coucher et ma cuisine.
Sans ça, il m’est impossible de voir plus loin dans ma journée.

Pourquoi ne pas construire un film comme on construit les actions de sa vie, une par une, sans jamais avoir le contrôle sur la suite et sur l’incidence d’une action sur une autre, et sans jamais en comprendre ni en maîtriser le sens global ?
Ainsi, en commençant le film par une scène écrite, tournée, montée et finalisée, je décide de la suite au regard de la scène qui précède.

En se refusant à toute les contraintes liées à l’échéance, et à l’adaptation d’un canevas pré-établi qui ne tiendrait pas compte des évènements insufflé par le quotidien, le film offre au temps qui passe et à la vie les premiers rôles d’une histoire qui pourrait se terminer le jour de ma mort et dont la structure est sans cesse sujette au mouvement de l’inspiration du moment.


M. Urfer

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